dimanche 28 juin 2015

Réflexions#15

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Je peux m’endormir avec un livre que je ne peux pas lâcher, jusqu’à ce que mes yeux se ferment tout seuls…

Mais je peux aussi le reprendre au saut du lit !

J’aime ces moments, de plus en plus rare, où je peux vivre deux jours, voire trois si nécessaire seulement pour un livre ! Je suis en plein dedans, je dirais même que je n’ai pas profité de ma soirée dansante hier, tant j’avais hâte de le retrouver ! À deux heures du matin j’ai lu quelques lignes avant de sombrer.

Je me souviens d’un livre de jeunesse, où je m’étais ennuyée lors d’un dîner chez des amis… Rentrer… Retrouver mon livre était mon unique pensée !

J’ail lu un jour qu’une femme préfère s’endormir avec un bon livre qu’avec un amant !

Tout comme pour les films, ces coups de foudre sont de plus en plus rares. Les gens qui me connaissent bien aiment me donner des titres de livres “qu’on ne lâche pas”.

Et quand je repense à ma jeunesse…. Introvertie, timide, rêveuse, le nez dans les livres… Je ne suis pas la seule dans ce cas, mais la solitude celle que l’on ressent est parfois lourde quand celle que l’on souhaite n’a que trop duré.

Récemment Athéna, se moquant gentiment de moi et faisant allusion à Tristan m’a dit que j’avais une propension à attirer les écorchés vifs : c’est sûrement pour ça que ça n’a pas marché avec mon père ! Il n’est pas comme ça !

D’ailleurs je viens de remarquer que lorsque je lis des biographies ou des autobiographies, ce sont des histoires d’humains qui ont souffert.

Je peux choisir des célébrités ou des personnages historiques que je connais un peu, dont l’histoire m’intriguait, mais il m’est arrivé de lire des histoires d’inconnus, ou encore de tomber par hasard sur un personnage dont j’ignorais tout et que de prime abord je n’aurais jamais soupçonné de m’intéresser.

Le fait d’aimer les gens et les relations humaines… Même si ces gens finalement on ne le croise ni ne les croisera jamais…

Laurent me disait souvent que j’aurais du être psy, que c’est le métier idéal pour moi… Mais c’est impossible. Je suis trop sensible, j’auras versé des torrents de larmes, je ne sais pas prendre le recul nécessaire, je suis capable de pleurer à l’enterrement de quelqu’un que je ne connais pas…

samedi 27 juin 2015

Le fil de juin

J’ai du mal à reprendre le fil de juin et pourtant je m’étais promis d’être plus présente ici !

La fin de l’année arrive pourtant ! Enfin ! Année scolaire bien sûr ! Cédric me disait l’an dernier que l’on devrait faire un réveillon le 30 juin, dire Bonne Année, lancer les confettis, déboucher le champagne !

Car nous sommes nombreux à fonctionner comme ça ! L’année scolaire, la coupure c’est l’été, la reprise c’est septembre. Et peu importe que l’on parte longtemps ou non, que l’on ait des enfants d’âge scolaire ou non !

Beaucoup d’entreprises connaissent un ralentissement l’été, même si Paris au mois d’aôut n’est plus vraiment l’accalmie qu’on a connu, même si le temps où on peut se garer en ville dure de moins en moins longtemps !

Et si comme moi vous faites des activités, que ce soit de la boxe, du dessin ou de la danse, quel que soit l’âge des adhérents, des élèves, la rentrée est en septembre et la fin des cours en juin.

En ce moment ce sont les soirées de fin d’année, les buffets apéros pour fêter le dernier cours. La plupart des soirées récurrentes s’arrêtent en juin, parfois en juillet, même si d’autres “de plein air” prennent le relais et on reçoit déjà des méls pour les inscriptions de septembre !

Juin c’est aussi le mois des invitations, celui où vite on remplit son agenda : zut depuis le temps que je dois inviter la famille Ursule, il faut que je le fasse avant les vacances ! Et pour ceux qui ont la chance d’avoir un jardin ou un petit bout de terasse, c’est toujours moins de tracas de faire un barbecue !

Côté tribu toujours beaucoup de choses à gérer. Après un court séjour en maison de repos qui s’est révélé catastrophique, Martine est retourné à l’hôpital en gériatrie cette fois. La maison de repos n’était pas responsable du fait qu’elle soit repartie en urgence, c’était évident qu’elle était sortie trop tôt de l’hôpital. Beaucoup trop faible et pas autonome. Et les résidents sont vraiment seuls. Nous avons du faire un scandale mes soeurs et moi pour que le médecin se décide à intervenir. Depuis le vendredi nous avions signalé qu’elle allait de plus en plus mal, et c’est seulement le samedi soir qu’elle est partie en ambulance aux urgences.

Elle ne mange pas ! Elle ne mange pas, on fait quoi ? Voilà la phrase que nous avons du répéter cent fois, depuis décembre d’ailleurs, avant même sa première hospitalisation, sans jamais avoir de vraie réponse. Pour tout le reste, oui, pour ça non.

Une seule fois pourtant, quand Martine avait arraché la sonde qui la nourissait on m’avait dit qu’elle ne pouvait pas rattraper seule ses carences, qu’il faudrait qu’elle mange toute la journée ! Et pourtant une semaine après on lui retirait les perfusions et on l’envoyait en maison de repos !

Je précise que je n’ai absolument rien contre le personnel hospitalier ! Ils sont tous dévoués, courageux, à l’écoute. Le seul problème vient de plus haut : les internes. Ce n’est pas qu’ils ne soient pas compétents, c’est qu’ils sont débordés et qu’ils changent trop souvent de service. On ne voit jamais le médecin chef, le grand ponte. On sait qu’il a dit ça et ça, qu’il y a des réunions pluridisciplinaire. Un jeune interne charmant m’avait même dit qu’il n’avait pas accès à toutes les données concernant le cancer.

Bref, Martine revient en gériatrie où on lui remet une perfusion et elle reprend du poil de la bête à vitesse grand V. Servane m’écrit qu’elle a vu la gériatre qui lui a dit : elle a 2, 5 l par jour, elle ne pourrait jamais faire ça toute seule. Et elle me dit un peu étonnée : mais on t’avait déjà ça non ?

Je dis oui. Alors pourquoi est-elle sortie ? Une semaine et demie sans perf, et elle a dépéri, dans une maison soit disant “médicalisée” personne n’a vu qu’elle était tombée à 9 de tension ! Et pourtant j’avais vu qu’on lui avait mis une couche ! On avait bien remarqué qu’elle ne pouvait même plus se lever pour aller aux toilettes pourtant juste à côté de son lit !
Il y a vraiment des abérhations !

Mais en gériatrie la doctoresse est une femme qui a de la bouteille, elle est charmante. Un jour elle nous reçoit tous les 4. Nous en avons marre, Martine aussi : nous voulons la sortir de l’hôpital. Elle a eu plusieurs permissions de sortie le dimanche et elle est revenue transformée. La doctoresse a bien compris qu’elle est bien quand elle est entourée de sa famille, le meilleur remède.

Alors nous posons mille question : la Sauvageonne c’est possible ? Le voyage ? Et après le retour, une infirmière à domicile ?

Nous avons le feu vert mais il reste un délicat problème. Ce satané système de poche qui fuit tout le temps, panique Martine, use le personnel hospitalier et nous panique aussi.

Puis le miracle arrive. Le chirurgien qui la jugeait trop faible jusque là accepte d’opérer Martine. Servane saute au plafond de joie. Elle qui disait au docteur : mais bon sang opérez là ! Elle était dix fois plus faible quand elle est arrivée ! Et elle a subi 4 opérations ! Débarassez-la de ce truc !

Servane disait souvent aussi : mouais finalement tout ça n’aura servi à rien ou pas grand chose : elle n’a toujours pas d’appétit et elle a toujours les mêmes problèmes de transit qu’en décembre !

Depuis mardi on a rebranché les ” tuyaux inernes” de Martine. Et débranché les perfusions. Elle doit sortir la semaine prochaine. Elle n’est pas en grande forme, elle marche doucement, elle est faible, mange peu, mais elle est heureuse de sortir.

Elle dormira chez Cédric en attendant le départ. Car bien qu’on nous promette monts et merveilles : une ambulance oui bien sûr c’est pris en charge, ceci cela, oui bien sûr c’est pris en charge…Mouais en fait à part l’hôpital rien n’est gratuit, et la mutuelle, que pourtant Martine a payé toute sa vie sans jamais être malade rembourse avec parcimonie selon des critères toujours complexes…

Après avoir juré leurs grands dieux que Martine ne pouvait voyager qu’en ambulance et critiquer ma vieille break, ma fratrie a finalement trouvé que c’était bien que j’emmène Martine comme tous les ans…
En même temps personne ne s’est proposé et j’ai doucement rigolé !

- ça va c’est bon, je vais rouler de nuit, Martine allongera le siège et dormira, ainsi que Jolinette et Manivelle. Pas de soucis, dis-je, dans la voiture tout le monde dort sauf moi !

J’ai même entendu quelques machos critiquer ma conduite (beau-frère, neveu). Je suis trop cool, il parait. Je m’arrête trop souvent, toutes les deux ou trois heures. Je ne fais pas la course, je met plus de temps qu’EUX à descendre, EUX ils se vantent de ne mettre QUE 6 ou 7 h.

Laisse parler les gens me disent mes filles. J’y compte bien ! C’est drôle de toujours penser que la vie est une compéttition ! Et qu’une grande rêveuse est forcément un peu à la ramasse, et du coup on la met toujours à la table des enfants, des ados ou des mamies.

Bon je vous rassure c’est seulement la vision d’une partie de ma tribu !

Je vais terminer ce billet fil de juin par une petite anecdote émouvante :

Dimanche dernier c’était mon tour de “prendre” Martine pour qu’elle voit mon nouvel appartement. Elle avait déjà vu des photos mais pas en vrai. Elle avait raté un long et important épisode : des premiers cartons jusqu’à l’installation. Martine s’était beaucoup inquiété de mon sort et s’était vraiment fait des noeuds à l’estomac au propre et au figuré !

Le jour J, je m’arrête près de la petite allée, Artémis prend le bras de sa grand-mère pour l’aider à monter l’unique étage, pendant ce temps, je gare la voiture au sous-sol. J’ai rejoint ma mère et ma fille, et ce n’est que beaucoup plus tard qu’Artémis m’a dit :

- Martine a pleuré de joie en voyant l’appartement !

vendredi 19 juin 2015

Les ramasse miettes

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Je les appelle les ramasse-miettes.

Souvenez-vous j’ai raconté l’histoire de ce collègue, je ne sais plus dans quel contexte, je vous résume.
RM travaille dans un bureau de 4 personnes, un autre collègue passe dire bonjour et raconte une histoire, ou donne une info, ou donne son opinion sur telle ou telle chose.

Peu de temps après, voire dans la même journée, RM répète le même discours aux personnes qui travaillent avec lui.
- Tu ne vas pas me refaire le discours de X tout à l’heure ? Lui dis-je 
- Ah bon tu étais là ! S’exclame RM même pas gêné d’être ridicule !

Et les ramasse-miettes sont légion ! Mais j’ai une mémoire d’éléphant. Les ramasse-miettes je les repère vite !

Ils glanent de ci, de là, un mot, une phrase, une idée, une opinion sans doute pour pallier leur inculture ou leur manque de curiosité intellectuelle.
Ils ont ramassé des miettes mais ne les jettent pas, ils vont les resservir à la place du pain, plus utile et plus conséquent.

Bien sûr pour repérer les ramasse-miettes il faut les voir plus d’une fois ! Avoir l’occasion de les rencontrer au moins deux fois, à moins qu’ils ne soient même pas assez futés pour attendre, comme RM et ré-utilisent les miettes dans la même journée !

Mon collègue actuel pourrait ne pas se faire griller, c’est le midi qu’il entend des choses qu’il me répète l’après-midi. Mais c’est facile de deviner qu’est-ce qui vient de lui et quelles sont les miettes ramassées !

Des collègues ? Bien sûr vivier idéal que le travail où l’on fréquente tous les jours des gens qu’on a pas forcément choisi ! Mais ça peut-être des relations, des connaissances, ou quelqu’un de la famille.

Ce sont aussi des gens qui ont une réponse du Trivial Poursuit mais n’en savent pas plus : oui c’est Machin qui a écrit ce livre. Qui est Machin, qu’est ce qu’il a écrit d’autres ? Ils n’en savent rien, une miette je vous dis !

Il y a différent degrés dans les ramasse-miettes. Ceux qui y mettent un minimum de conviction, du coup leur discours peut passer pour “personnel”, et ceux qui n’ont pas deux sous de jugeote et vous sortent un bout de phrase, un bout d’info où il manque l’essentiel.
Ceux là ont un problème un peu plus grave,il faut réutiliser la miette à tout prix, même hors contexte !

Vous brûlez d’envie d’avoir un exemple ? Je le sens !

Bon je vais choisir le contexte bureau, pour changer.

Nous avons un sérieux problème avec le cuiseur de chou fleur, dont la poignée blanche affiche des messages incongrus qui ne nous concernent pas, RM et moi. Vient à passer le grand manitou des cuiseurs à qui nous posons la question.
Il nous dit : oui sur la poignée blanche, ces messages viennent d’Internet, on ne sait pas trop comment, on essaye de résoudre le problème, internet on ne peut rien changer, vous ne pouvez rien changer, mais internet on ne peut rien changer, laissez tomber pour le moment, internet on ne peut rien changer…

j’ai bien insisté sur une phrase, vous avez remarqué j’espère…

Plus tard vient à passer M. Textedeuloi pour nous dire qu’il a un problème avec le bordereau XYZ qui n’est plus le même modèle qu’avant, il parle, il parle et du coup RM tout content lui dit : internet on ne peut rien changer !

Bref, vous avez compris, ce RM là ne se soucie pas du tout que sa miette n’aie aucun rapport avec la choucroute comme dirait Martine ! 

Ça c’était pour les degrés, mais les miettes peuvent aussi se ramasser partout.

Je me souviens de cet homme qui tous les jours parlait de ce qu’il avait vu la veille à la télé. Non pas du tout le magnifique film de X, ni le super reportage sur Y, non juste les infos en 15 minutes.

Je n’ai rien contre les infos en quelques minutes de la fameuse chaîne, j’en ai parlé dans le billet “surinformée”, je n’ai rien contre, mais je l’ai dit je zappe dès que ça ne m’intéresse plus…

Comme ces brèves rigolotes mais sans plus.
Si on me dit qu’un homme a gagné le concours de celui qui crache le plus loin, ou qu’on a cousu la plus large jupe du monde ou écrit un livre sur les bruits du postérieur…
Euh… Soit je m’en cogne, soit c’est rigolo mais je m’en cogne quand même.
Soit cela a éveillé en moi un intérêt, auquel cas je vais aussitôt essayer d’en savoir plus ! Et lire le résumé du livre, le commander etc.

Le ramasse miettes lui, le lendemain raconte tout content à ses collègues (encore) qu’un homme a gagné le concours de celui qui crache le plus loin, qu’un livre est sorti. Sauf que tout le monde le sait. Mais c’est tout ce qu’il a trouvé à dire et il se croit drôle ou intéressant.

Au début j’essayais de savoir, d’aller au delà de cette culture Meuh-Six, car j’avais du mal à croire. Vraiment que ça ? Rien de plus profond ? Juste des miettes ramassées le soir devant le poste ? 

Ramasser les miettes à la télé est bien plus facile que de ramasser celles des autres, encore faut-il ne pas choisir une chaîne trop populaire pour ne pas être grillé ! Ceux là sont des pros de ” l’air du temps “.

Mais pourquoi ne faudrait-il ne s’intéresser qu’à “ce qu’on dit dans le poste en ce moment” bon sang ?

Je lis un livre qui m’en rappelle un autre. Une date, une anecdote me rappelle un auteur, ou un événement historique, ou titille ma curiosité sur un pays donné et je vais m’y intéresser pendant un certain temps : lire, chercher des photos…

Non là c’est de l’immédiat, du vite ramassé, vite utilisé, vite digéré et à demain pour les news du jour !

J’ai connu aussi les ramasse miettes zen-attitude : sais-tu que ton lit doit être orienté au Nord ?
Ceux là ne ramassent que les miettes zen, il y a aussi les miettes écolo.

Perso je m’en cogne que mon lit soit au Nord ou au Sud, le sujet ne m’intéresse pas. Mais si il y a des gens que le sujet passionne et qui sont capable de m’en parler avec passion, je vais les écouter tout comme j’écoute tous les gens passionnés !

C’est peut-être là où le bât blesse : le ramasse miette n’a pas de passion, pas de convictions, il a juste ramassé les miettes.

Et ramasser les miettes ne demande pas un grand talent !

mercredi 17 juin 2015

J'ai fait souvent ce rêve

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J’ai fait souvent ce rêve. Je ne sais plus vraiment l’histoire, ce qui se passe.

C’est un décor qui revient souvent, une situation qui ressemble à la précédente, c’est toujours à la campagne qu’elle soit normande ou vallonnée.

Mais c’est surtout un homme. Un homme en général, un homme en particulier.

Un homme décontracté, souriant. Il a les cheveux frisés ou très souples. J’ai toujours eu un faible pour les hommes aux cheveux frisés ou souples. Ce n’était pas vraiment un choix : je le veux comme ça et pas autrement, non c’est juste une constatation finalement.

Mais c’est plutôt son attitude générale qui compte. Il est détendu, simple, il porte souvent dans mon rêve, dans mes rêves, une de ces vestes épaisses en laine (ou fausse laine d’ailleurs) à grands ou petits carreaux qui étaient à la mode dans les années 70-80, les vestes que mettaient les hommes pour partir en week-end, ou bricoler l’hiver dehors.

Il est comme ça, habillé simplement, il a sûrement un jean’s aussi. Ça ne veut pas dire qu’il ne sait pas être élégant et qu’il ne l’est jamais, mais voilà il est simple.

Il a une vieille break. Je sais, on dit un break et mais ça reste une voiture ! Une break plus toute jeune, où traine une couverture, des outils, un livre. Comme la mienne, quoi. Ce n’est pas le genre d’homme à aimer les voitures tape à l’œil. Non sa voiture c’est une voiture pour vivre, pour transporter ceux qu’il aime, et il ne fera pas une histoire si il y a une tache sur un siège ou une bosse sur la carrosserie. 

Cet homme, comme dans tous les rêves est le mélange des hommes que j’ai connus, aimé, un peu ou beaucoup. Il ressemble à Benjamin, à Pierrick, vous voyez ce que je veux dire.

Qu’est ce qui se passe dans le rêve ?
Je ne sais pas le scénario est chaque fois différent. À la maison de campagne ou à la Sauvageonne, sur une route près de Petite Colline. Il me sourit. Et je craque pour ce sourire. Ce n’est pas le genre d’hommes qui fait se tourner toutes les têtes, mignon, craquant, beau à sa façon. 

Mais le sourire ! Un sourire simple, gentil ! Le plus beau des hommes qui n’aurait pas un sourire gentil ne m’attirerait pas du tout !

Dans mon rêve il m’indique un chemin ou il me dit qu’il est content de me voir, ou il m’emmène dans sa voiture, je le connais très bien ou je viens juste de le rencontrer.

Il ressemble à Benjamin, à Pierrick, vous voyez ce que je veux dire.

Non vous ne voyez pas ce que je veux dire, enfin vous êtes censés savoir qui est Benjamin, mais je veux dire physiquement vous ne pouvez pas voir de quel genre d’hommes je parle, mais vous allez comprendre je vais vous citer des célébrités :

Alain Souchon, Gérard Lenorman, Julien Clerc, Gilsoub.

Là vous voyez mieux ?

J’ai fait souvent ce rêve, et puis j’ai du l’oublier comme tous les rêves.

J’ai connu Tristan. Et un jour j’ai rêvé de Tristan, le rêve se passait à la campagne.
Les cheveux frisés, la veste en laine, le jean’s, la vieille break, et ce sourire ! Ah ce sourire !

Bon sang mais c’est bien sûr !

Et plus jamais je n’ai rêvé d’un homme flou mélange de plusieurs souvenirs.

Il m’avait montré le chemin… Où ma vieille break m’a emmenée sans hésiter.

samedi 13 juin 2015

Passion simple

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Il m’arrive de penser aux travers de mon amant, même si il n’en pas… Ni de travers, ni de défauts.

Parfois je le trouve… quoi déjà ? C’est impalpable.. Un peu trop désinvolte, pas assez passionné ? Pourtant il est passionné sous la couette.

Ou alors pas assez romantique ? Pourtant il l’est quand il accroche des fleurs à ma porte en mon absence !

Non décidément, je ne vois pas où le bât blesse… Jusqu’à ce que je me rende compte que…

J’ai changé !

J’ai beaucoup changé depuis mon premier amour ! À Laurent je disais que je n’aurais pas assez d’une vie pour l’aimer, que je l’aimerais encore dans les vies suivantes !

Dirais-je cela aujourd’hui ?

J’ai cru mourir d’amour pour Laurent. Mais je sais qu’on peut survivre à un chagrin d’amour. J’ai survécu.

J’étais passionnée certes, mais pas prête à renier mes amis, ma patrie, ni me faire teindre en blonde.

J’ai changé, j’ai grandi.

Bien sûr j’aime, bien sûr je peux souffrir, mais je ne pense plus que ma vie s’arrêterait là si je perdais l’homme qui occupe mes pensées.

Bien sûr ce serait long et difficile, et si je pense à mon grand âge, peut-être serais-je même tentée de penser :
Mouais, est ce que ça vaudrait le coup de me relancer dans une histoire, une fois la date de péremption notée sur le pot ” chagrin d’amour “sera dépassée ?
En aurais-je encore l’envie, l’énergie, la capacité d’attirer, hé oui le corps est impitoyable et l’attraction est un élément essentiel !

Mais même sans penser à ça, je sais que l’on ne peut guère comparer mon état actuel à mon premier amour.

Sans doute que c’était ma raison de vivre, mon tout, ma priorité, ma vie qui tourne autour de mon amour passion.

J’ai grandi. J’ai deux filles que j’adore. Finie la peur de ne pas avoir d’enfants, ou de les avoir trop tard. J’ai des centres d’intérêt, des amis, ma tribu. Je sais vivre seule ou accompagnée.

Pire : des phrases que j’aurais rêvé d’entendre à une époque me “gaveraient” un peu aujourd’hui. Un homme trop fleur bleue, trop adepte des longs discours me saoulerait vite !
Ne riez pas, j’en connais un très bien, je vais vous donner des exemples, si si !

Je lui dirai sûrement, oui moi aussi je t’aime, mais bon n’en fais pas trop quand même, ou moi aussi je suis romantique, mais bon j’ai les pieds sur terre quoi ! L’amour et l’eau fraiche, tien je t’enverrai bien sur Face de Bouc pour voir mon profil à ce propos !

Un homme un peu trop fusionnel me ferait peur aussi, bon écoute je ne suis pas ta mère, oui oui on est bien ensemble, mais va faire du sport ou ce que tu veux d’autre et moi je vais à mon cours de danse !

Celui que je connais passe son temps à chanter les louanges de sa femme, ma femme est ceci et cela, Ah ma femme je décrocherai la lune pour elle ! Adrienne, JE T’AIME (cela dit en hurlant 4 fois dans la soirée en public et même pas bourré)…

Bref ce monsieur en fait trop et il finit par semer le doute : si c’était vrai aurait-il besoin de le dire autant et aussi souvent ?
Je précise qu’Adrienne elle même en a marre !

J’ai changé. Et pas seulement là. Là et là aussi. Ma facette coquine, inavouable prend le pas sur le côté fleur bleue. Oui oui moi aussi, mais viens plus vrai, on parlera plus tard !

Les longs discours de Laurent, le cérébral, je ne les supporterai probablement plus. J’ai changé, à cette époque j’étais sûrement plus romantique et moins portée sur…
Enfin si mais pas avec lui ! Laurent n’était pas sensuel et je ne m’en rendais même pas compte !

Passion, obsession, impossibilité. 

Je ne suis plus une héroïne romantique, je ne saurais plus attendre des années, un seul homme.
Je n’attends pas Tristan en pleurant pas au coin du feu, je n’ai même pas de cheminée ! Et puis il n’aimerait pas ça du tout ! Il préfère me savoir gaie et vivante !

Mon amant a peut-être du mal à dire les mots, mais il sait faire les gestes.

Alors quand je crois lui trouver des travers, c’est peut-être que je m’étonne moi-même d’avoir autant changé, d’aimer différemment.

Les dictons populaires disent souvent que le premier amour continue toujours qu’il n’y en qu’un, qu’on aime qu’une fois et qu’on recommence.

C’est joli mais c’est faux. Nous évoluons, nous grandissons.

Et la Louisianne d’hier n’est pas celle d’aujourd’hui.

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