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J’appelle souvent Artémis : Narcisse. Elle me fait rire avec sa façon d’adorer les miroirs. D’ailleurs elle le dit elle-même, je suis narcissique.

Quand mes filles étaient petites, je leur racontais des histoires de la mythologie grecque. C’est la raison pour laquelle elles ont toutes les deux des surnoms (et pseudos bloguesques) tirés de la mythologie.

Un jour elles ont fait un test sur Face de bouc, quelle déesse te correspond, Athéna est tombée sur Athéna et Artémis sur Artémis. J’ai choisi des surnoms qui leur vont comme des gants. 

Je me souviens qu’un jour, du temps où Jérémy habitait encore Petite Colline et Artémis chez sa maman. Il passait du temps au téléphone, et à un moment, Jérémy dit à sa chérie : tu fais quoi là ? Tu te regardes dans la glace ? Bien vu.

Cela dit, je taquine, je taquine, mais je préfère cent fois cela à des complexes inventés.

Il y a une période Narcisse, je dis aussi souvent : oui à cet âge là on est égocentrique, mais ce n’est pas la même chose. Cette période a été plus courte pour Athéna et peut-être moins flagrane.

J’ai honte de le dire, en fait non je m’en moque, mais j’ai été Narcisse il y a quelques années. Camomille riait en regardant une photo d’Athéna posant en bikini au bord de la piscine et me la montrait : ça ne te rappelle rien ? La même 20 ans plus tôt ?
Il est vrai que quand on aime la photo, commence bien souvent par être d’un côté de l’objectif… Avant de préférer l’autre côté !

Mais ce n’est pas du tout dans ce domaine que j’étais Narcisse.

Quand j’étais jeune fille, contrairement à d’autres, j’ai toujours aimé mon corps. Cela ne signifie pas que je le trouvais sans défauts, ni que je n’avais pas de complexes, mais voilà c’était comme ça.

Un jour toute jeune fille découvre avec une grande euphorie qu’elle plait, MIRACLE, ALLÉLUIA. Elle peut séduire, elle séduit !

Quand j’ai commencé à me rouler dans l’herbe. J’avais ressenti cela. Je me regardais dans le miroir, un miroir qui n’existait pas. Je me regardais dans cette posture ou dans une autre. Je me regardais à travers son regard. L’autre n’était là que pour me rendre hommage, c’était moi que je regardais.

Lorsque soudain je me surprenais en flagrant délit : je suis Narcisse !
Et je n’aimais pas ça du tout ! Je sentais bien que je n’étais pas là pour partager, pour vivre un moment de communion et d’échange. Même si être Narcisse faisait un bien fou à l’égo et au moral, dès que je m’en rendais compte, je mettais fin à la relation.
Je n’aimais pas ça, ce n’était pas ce que je voulais.

Un jour toute jeune fille découvre qu’elle plait. Cette époque dure plus ou moins longtemps, pour certaines elles ne s’arrête jamais.

Cela ne dure pas parce qu’on grandit, qu’un jour c’est un fait acquis. Puis on trouve celui à qui on veut plaire, ou qu’on a autre chose à faire dans la vie que se regarder le nombril.