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Dans l’Auberge espagnole, au début du film, le héros parle de la première rue qu’il voit en arrivant à Barcelone. Je me souviens plus du texte exact, mais il dit que cette rue paraît étrangère et que quelques années plus tard, il l’aura parcouru cent fois, il la connaîtra par coeur, elle fera partie de son décor, de sa vie…

J’ai déjà ressenti cette sensation… Arriver dans une ville inconnue, se sentir un peu perdue. Arriver par le mauvais côté de la ville, la zone industrielle, le côté le plus moche. Avoir choisi le mauvais quartier, le mauvais resto. Et puis si un jour on revient, une fois que l’on a apprivoisé la ville, on n’oubliera jamais cette première rue…

Ma ville, celle où je suis née, (pas celle où j’habite, beaucoup plus petite) je la connais par coeur. Rares sont les noms de rues que l’on me cite et qui me laisseraient perplexe. Je sais toujours dans quel quartier est la rue, comment y aller. Un jour je me demandais, comment j’avais su tout ça, j’avais bien du commencer petite par ma propre rue et celle de mon école… Comment en étais-je arrivée à connaître par cœur les 6 grands quartiers de ma ville ?

J’ai du l’apprivoiser…

Grande-Ville-du-Sud me fait un peu peur encore, sûrement parce que je ne l’ai pas apprivoisée. Je dis même à mes filles : “si je gagne au loto demain, je m’achète un appartement et j’y vais souvent, mais je l’apprivoise avant d’y aller définitivement”…

La première fois qu’Athéna m’y a emmenée, elle ne m’a fait visiter que les boutiques… Cela dit ce n’est pas un détail, je ne pourrais pas vivre dans une ville sans boutiques !
Mais il me reste les monuments…

Bien sûr à chaque fois nous n’étions pas dans les meilleures conditions…. 2 heures de route pour y parvenir (en partant de la Sauvageonne) donc fatigue, un après midi à tuer, en tournant en rond sous un soleil de plomb, et le soir un match… puis retour…

Les choses se sont arrangées quand Athéna a connu Martin, son appartement étant bien pratique pour une pose coca entre deux boutiques… Puis j’ai appris.
Les astuces pour se garer pas trop loin du centre, sur une place gratuite, les rues à voir, celles à éviter… Je commence à savoir dire les noms des quartiers, à dire ” tiens mais je reconnais là ! “.

Mes filles y vont bien plus souvent que moi, en train en partant de Petite-ville-du-sud ou de Paris, et se font inviter à dormir chez des copains.

J’ai prévu l’été prochain d’y réserver une chambre à l’hôtel afin de profiter des soirées sans la perspective de la route du retour.

Mais à la Toussaint, Artémis a réussi à me faire rester plus tard, j’ai aimé la nuit, les lumières, les bars et restaurants, sans la foule de Paris… Animée sans trop l’être, Grande-Ville-du-Sud…

Petit à petit, été après été, j’apprivoise Grande-Ville-du-Sud.

Jusqu’au jour où je m’y sentirais vraiment chez moi, comme si j’y étais née et je ne pourrais plus m’en passer !