couple_by_louisianneAthéna est reve­nue, est-elle jamais par­tie ?

Je le savais, je l’ai tou­jours su. Cela fai­sait 5 mois. Je crois que le jour où Athéna sera réel­le­ment amou­reuse, je le sau­rai. L’ennui c’est que con­trai­re­ment à sa sœur, elle n’aime pas être seule.

Arté­mis aime les amis, aime s’amu­ser, mais n’a pas l’envie pour le moment de “se poser” comme elle dit.
Des petits copains elle a en a, mais il ne faut pas qu’ils devien­nent trop col­lants, exi­geants, ou qu’ils ne res­pec­tent pas son indé­pen­dance. Quand aux copains-con­fi­dents qui sont plus ou moins amou­reux d’elle, ça l’énerve un peu,
- dès que je m’entends bien avec un gar­çon, il veut sor­tir avec moi, c’est éner­vant !
Et elle se plaint ! Un com­ble !
En un mot, je pense que le jour où Arté­mis me pré­sen­tera un copain, l’amè­nera de manière régu­lière à la mai­son, ce sera le bon ! Comme j’étais comme elle, je le con­çois très bien.

Athéna n’aime pas être seule. C’est vala­ble aussi pour ses copi­nes, elle est très fille, pour ne pas dire pin­tade hihi !

Pour Athéna avec Mar­tin 2 ans de dra­mes, de lar­mes. Là c’était plus calme. 
Ils étaient “bien ensem­ble”. Ça ne suf­fit pas tou­jours de s’aimer bien comme dit la chan­son !

Tous les mar­dis, Athéna et moi allons à la pis­cine, pour nager et sur­tout papo­ter.
Athéna était par­fai­te­ment cons­ciente de l’endroit où le bât bles­sait :
- il est bien avec moi. Mais pas très affec­tueux, et moi je ne veux pas d’un type qui est “juste bien avec moi”. Si il était vrai­ment amou­reux, je l’aurais déjà vu !

Je lui fai­sais remar­quer qu’elle n’était pas amou­reuse non plus, puisqu’elle con­ti­nue à pré­voir d’aller vivre à Grande Ville du Sud, et qu’elle n’en démord pas.

Je me dis que fina­le­ment l’épo­que où les jeu­nes vivaient chez leur parent, c’était pas plus mal !
Ça laisse le temps de réflé­chir ! Car Arté­mis, la cadette, dit tou­jours à sa sœur :

- mais tu vas trop vite ! Tu es trop sou­mise ! Tu dors tous les soirs chez lui, et tu crois que tu ne vis pas avec lui, parce que tes vête­ments sont tou­jours dans ta cham­bre ! Vous vous dis­pu­tez et au lieu d’atten­dre un jour ou deux, tu retour­nes chez lui le soir même !

Et je pense qu’Arté­mis a rai­son ! 

Ma maman me disait aussi la même chose :
- quand j’étais jeune et que j’avais un petit copain, je me disais vive­ment que je puisse aller plus loin avec lui, c’est sur sans pilule, il fal­lait y réflé­chir à deux fois, puis ensuite vive­ment que je puisse pas­ser toute une nuit avec lui,  et enfin vive­ment qu’on habite ensem­ble ! Vous main­te­nant vous avez tout, tout de suite !

Fina­le­ment les inter­dits ser­vaient de garde fous ! En tout cas ils lais­saient le temps à la rela­tion de s’ins­tal­ler!

Et le pire c’est qu’elle me disait ça à moi qui n’ait pour­tant pas eu autant de liberté que mes filles, par exem­ple jamais je n’aurais amené un petit copain à dor­mir !

Il y a une période de ma vie, je ne sais plus quel âge où j’étais comme ça : je vou­lais bien un petit copain, mais pas quit­ter ma famille. J’ame­nais le copain à la mai­son, mais je ne rêvais pas de m’ins­tal­ler avec lui. Je crois que le jour où on est vrai­ment amou­reux, on cons­truit son pro­pre nid !

Alex était un gar­çon gen­til, calme, une com­pa­gnie agréa­ble. Il aurait fait un gen­dre idéal !

J’essaye de gar­der un cer­tain déta­che­ment par rap­port aux rela­tions de ma fille, de me dire que c’est sa vie. De tou­tes façons je ne lui dis jamais quoi faire, je la con­sole, je l’encou­rage quoiqu’elle fasse. J’essaie sur­tout de ne pas trop m’atta­cher à ses copains, c’est par­fois dur, d’autant qu’ils s’atta­chent tous à moi  et que je les vois sou­vent !

Quand Athéna m’appe­lait, très sou­vent en voi­ture, en allant chez lui  : maman je m’ennuie, ne rac­cro­che pas tant que je ne suis pas arri­vée…  je me deman­dais tout le temps pour­quoi elle m’appe­lait : une dis­pute avec son copain, ou des con­seils pour un régime ?

Le soir j’enlève la clé de la ser­rure avant de dor­mir, et je râle si Arté­mis oublie de l’enle­ver : je me dis tou­jours qu’Athéna peut débar­quer en pleine nuit après une dis­pute. Un jour en effet à minuit j’ai entendu du bruit, mais c’était elle et lui qui avaient décidé de dor­mir là !

Un samedi, elle ren­tre en lar­mes, refuse de par­ler, de me dire pour­quoi, même si j’ai com­pris qu’il y a eu dis­pute.

Je suis par­ta­gée. D’un coté me dire que si ce n’est pas le bon, c’est triste mais c’est mieux comme ça, je pré­fère que ma fille soit amou­reuse et sur­tout réel­le­ment aimée.
De l’autre une envie que les cho­ses repren­nent leurs cours, qu’elle reprenne sa petite vie avec lui, leurs potes, leurs sor­ties.

Car hélas elle n’a pas beau­coup d’amies ici, ses copi­nes l’ont laissé tom­ber, et elle aime que ça bouge, rai­son pour laquelle elle veut par­tir à Grande Ville du Sud. Et même si cela me cha­grine un peu, je me suis faite à l’idée et je l’y encou­rage, je la com­prends très bien, il faut faire les cho­ses quand on est jeune !

Fina­le­ment après cette dis­pute, Athéna est repar­tie, mal­gré les con­seils de sa sœur. 

Elle est reve­nue mer­credi. Sans dra­mes, sans lar­mes. Un peu décou­ra­gée. Elle me dit qu’elle ne veut pas dor­mir seule, et est même prête à dor­mir avec moi. Mais elle a dormi avec Arté­mis, ravie de con­so­ler sa sœur. Jeudi elle allait déjà mieux, elle me disait que de tou­tes façons, elle savait que ça ne dure­rait pas.
Je lui ai dit “mais tu vas être bien avec ta mère et sœur, on est bien tou­tes les trois, non ? Pro­fi­tes en !”

Même si quel­que part je me dis qu’il va fal­loir ruser pour mes coups de fil et mes séan­ces web­cam ! chut !

Hier soir, jeudi, je les ai enten­dus hur­ler de rire au lieu de dor­mir.

Un jour ou l’autre, je n’aurai plus à m’inquié­ter d’enle­ver la clé dans la ser­rure, je serai sereine. Même si bien sûr nul ne peut augu­rer de la durée de vie d’un cou­ple, mais en atten­dant :

Amu­sez vous mes filles, rigo­lez, pro­fi­tez !