Les cahiers au feu, la maîtresse au mileu. 

J’ai rendu mon ordinateur, vidé mon bureau. Les deux derniers jours je suis allée à Paris en voiture, je n’allais pas payer l’abonnement navigo pour deux jours. Ça m’a permis de revoir les bouchons, ces coins de Paris qui ne vont pas manquer. 

Les derniers jours c’était la fête, tous mes collègues voulaient aller au resto avec moi, j’avais un agenda plein tous les midis.Une jeune collègue de l’âge de ma fille a paru étonnée quand je lui ai dit que je me suis toujours ennuyée, que je n’ai jamais aimé le travail. Elle m’a demandé si j’avais aimé certains postes. Je lui ai dit que j’avais trouvé des choses ludiques, que j’avais aimé certains postes, bien sûr ce n’était pas le bagne ! Elle m’a dit que c’était incroyable que j’ai gardé ma joie de vivre et mon optimiisme ! J’ai dit ” ma vie est ailleurs, d’ailleurs je n’aime pas parler de travail à l’extérieur”.
Elle a reconnu que la vie est ailleurs mais qu’elle espère trouver un job où elle s’épanouira. 
J’ai pensé qu’on ne peut pas comparer : elle a 30 ans, sur diplômée. Je n’ai pas son âge et je n’ai jamais été ni surdiplômée, ni carriériste, ni jamais rêvé de m’épanouir dans mon boulot. Mon pot a eu lieu bien en amont, le 16 car avec le télétravail et les commissions difficile de trouver un créneau. J’ai eu des surprises aussi, en rentrand jeudi après midi un bouquet de fleurs cadeau d’un collègue qui m’a dit en passant qu’on avait travaillé 12 ans en commun, ce qui n’est pas courant ! Il a écrit ” bonnes vacances ” car j’ai souvent répété : non pour moi ce n’est pas la retraite c’est les grandes vacances, l’école est finie. 

Et puis le vendredi alors que d’habitude il n’y a personne au boulot, mes collègues hommes ont apporté des viennoiseries pour un café, croissant, jus d’orange.Certains avaient du mal à parler d’autre chose que boulot, j’ai changé de sujet en rigolant : bon alors vous partez quand en vacances, et où ? 

Détail amusant mon pseudo chef m’a demandé la veille de mon départ 3 minutes de mon temps pour voir si mes tâches avaient bien été réparties.! Je lui ai donc dit en 3 minutes que non toutes mes tâches ne sont pas réparties parce qu’on n’a jamais eu de réunion, qu’on en a jamais parlé et qu’il y a certaines de mes tâches que personne ne veut faire ! J’ai bien ri intérieurement ! Quand les managers ne managent rien voilà ce qui arrive.
Après moi le déluge ! 

Voilà je ne réalise pas vraiment qu’il n’y aura plus de lundi, plus de : dire que demain il faut y aller, dire que le réveil va sonner. 

Je ne sais pas si je réaliserai un jour d’ailleurs !
Je suis dans les cartons toute la semaine avec le stress de ne pas terminer à temps. Je pars à la Sauvageonne comme tous les ans, sauf que j’y serai le 15 juin jusqu’en septembre. Et quand il y aura des colchiques dans les prés et des feuilles d’automne emportées par le vent, je serai dans un nouvel appartement, à RoseVilleduSud et j’aurais tout à découvrir. Le décor où j’ai vécu où  je me suis levée tous les matins pour prendre le train ne sera plus. 

Je pense que j’aurais peut-être du temps pour écrire plus tard, une fois posée à la Sauvageonne. Quand j’aurais évacué le stress du déménagement et que j’aruais envie de dormir au moins 10 ans !