Il y a des cartons jusque là. Mon salon ne ressemble plus à grand chose, mais je me préserver mon petit coin. 

Souvent avant de m’endormir je refais la liste : ” voyons les tableaux, dernière minute, comme les draps et couvertures, les lampes, les rideaux “. 

J’ai toujours peur d’oublier quelque chose, que le camion soit trop petit, ou le box.
Mes filles rient et me rassurent : du calme maman, c’est un camion pour déménager un trois pièces, et tu ‘ne as que deux ! 

Pourtant si le premier déménagement je l’avais fait un peu ” à l’arrache “ là je suis super organisée. 

Premier déménagement façon de parler. J’habitais un studio à Ville Natale quand j’ai connu mon futur mari. Nous avons déménagé pour un appartement avec peu de meubles. Benjamin avait appelé se potes, mon frère, mon beau frère. Bref si j’ai du faire quelques cartons je ne me souviens pas de grand chose, j’attendais Athéna donc mon gros ventre m’a épargné les corvées. 
Puis nous avons déménagé pour la maison à MaVille. Artémis avait un an. Idem Benjamin a tout organisé. 

Je suis restée 23 ans dans la maison. Avec Benjamin puis seule. Quand il a fallu déménager, j’étais complètement paniquée. Heureusement Artémis et Jérémy habiaient encore MaVille et m’ont beaucoup aidée. Un jour Cédric me dit : je viens t’aider, ta bibliothèque on la fait en 2 heures. Bien sûr il nous a a fallu presque une journée. Livres, verres, vaisselle. Mon frère me demande : tu as des journaux pour la vaisselle ? 
- non
- mais tu n’as jamais déménagé ? 
- Si il y a longtemps, mais j’avais un mari ! 

En passant Benjamin est venu chercher le coffre fort qui pesait 150 kilos car Athéna ne voulait pas le jeter. Mais c’est une autre hisrtoire folko que je raconterai peut-être un jour. 
Le jour J n’a pas été trop compliqué, je déménageais à 200 mètres, nous avons fait plusieurs voyages et je n’avais pas de date butoir pour ” rendre ” la maison que nous avons passé plusieurs jours à ” fignoler ” une fois vidée. 

Donc cette fois-ci, même si je suis seule pour faire les cartons je suis très organisée ! J’ai acheté des dizaines de cartons, des rouleaux de papier bulle, des énormes sacs de déménagement. J’ai même des sangles et des couvertures pour le camion. 

L’autre jour je disais à ma voisine que j’étais dans les cartons :  déjà ? Mais tu ne pars que le 15 juin ! 
À croire que cela se fait en un week-end ! 
 

Je souris aussi quand j’explique : 

- non je n’ai pas d’appartement à RoseVilleduSud. Je vais rester trois mois à la Sauvageonne et en attendant mes meubles seront dans un box de stockage. 
- Mais c’est cher ça ! 
- euh oui mais moins cher que mon loyer non ? 

Je soupçonne les gens de ne pas écouter vraiment ! 

Je compte les jours. Le boulot, je fais un pot de départ, mais j’avoue ne pas être réellement motivée. Idem pour tous ceux avec qui je fais ” un resto ” on dirait que tout à coup, tout le monde veut me voir. Alors que bien souvent j’ai passé des week-end seule à m’ennuyer !
Là tout est ramassé dans le temps, dans l’urgence. Bien sûr il y a les ” vrais ” ceux que je continuerai à voir. 

Bon je ne critique pas trop. Peut-être que je réagirais pareil : oh zut tu t’en vas, il faut qu’on se voit avant ! 
Et peut-être aussi que je ferais les mêmes promesses : on reste en contact, on se voit quand tu reviens dans le coin…. Pour finalement s’apercvoir qu’on y pense plus au bout de quelque mois ou qu’on a plus envie. 

C’est pour ça que dans ma tête j’ai des cercles, j’en ai déjà parlé, le premier, le deuxième cercle, les relations. 

Enfin pour être plus précise, disons que j’aurais réagi comme ça il y a quelque années.
Depuis j’ai appris que même si l’on a un petit pincement au cœur de voir partir des gens qui font partie de notre décor et que l’on apprécie, il ne sert à rien de faire des promesses auxquelles on croit sur le moment mais qu’on ne tiendra pas.

Autant faire confiance au destin, si on doit se recroiser on se recroisera !