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J’avais 20 ans… C’était hier donc, enfin il y a quelques années, 2 ans, 5 ans, je crois.

Bref comme dirait Martine j’avais 20 ans et j’étais en discothèque avec l’amie de l’époque qui adorait ça (moi pas mais je l’ai déjà dit) et ce soir là il y avait un couple dans la quarantaine. L’homme en costume cravate dansait sur la piste au milieu des jeunes.

Plus tard mon amie de l’époque me dit :

- Tu as vu il y a un vieux sur la piste ? Je n’arrêtais pas de le pousser, de lui donner des coups de coude !

J’ai avoué ma surprise : ben euh pourquoi ?

Explications fumeuses et farfelues mais ça se résume avec des paroles de Renaud : ” Arrache toi de là, t’es pas d’ma bande, casse toi tu pues ” etc.

J’avoue toujours ma surprise : si des quadras ont envie d’entrer dans un lieu public où il n’y a que des jeunes, tant qu’ils ne m’embêtent pas, ça ne me gêne absolument pas ! Je ne suis pas le patron, ni la proprio !

Ce racisme ” anti-vieux ” (enfin vieux façon de parler) existe pourtant bel et bien. Autant je pouvais comprendre quand mes filles s’énervaient parce qu’un ” vieux ” lourdingue les draguait avec insistance, à partir de 12 ans (même si elles étaient avec des copains) autant je ne comprends pas qu’on en veuille aux autres d’exister si ils se comportent bien ! 

Des années plus tard, avec ma tribu nous étions sortis en vacances pour faire découvrir une grande discothèque à nos enfants encore mineurs. Nous avions du signer une décharge et les petits, Athéna, Artémis et Timothée en gardent un souvenir ébloui. Nous étions en groupe, et je pense qu’aucun d’entre nous n’aurait eu envie de sortir seul dans un lieu réservé aux jeunes.

Comme tous ” vieux ” qui se respectent nous avions maintenant un pouvoir d’achat qui nous permettait de commander une ou deux bouteilles et les pichets qui vont avec et de garder ainsi une table toute la soirée. Mes sœurs m’ont avoué plus tard n’être pas très à l’aise.
Moi je m’en moquais le seul moment qui m’a paru bizarre c’est d’aller aux toilettes (en pleine lumière donc) et de me retrouver avec des jeunettes, mais personne ne m’a regardée de travers.
À l’époque je ne sortais pas beaucoup, je crois qu’aujourd’hui je n’y prêterai même pas attention.

Quand j’ai connu le monde latino, j’ai adoré cette ambiance où tous les âges se cotoient. Même si les trentenaires paraissent plus jeunes, il faut reconnaître que cela concerne peu les très jeunes, cela doit commencer à 30 ans et cela va jusqu’à 60 ans et plus. Bien sûr comme partout les bandes se font par affinités.

À 20 ans comme ma copine de l’époque, mouais… limite on peut comprendre : on se croit unique, invicible, immortel.
Les vieux on sait à peine qu’ils existent, d’ailleurs on dit ” mes vieux ” c’est tout dire, mais à 30 balais, on est censé avoir un peu de plomb dans le crâne non ?

Et pourtant il m’est arrivé de croiser des anti-vieux. C’est rare heureusement.
La première fois je n’ai pas compris : qu’est-ce qu’il a celui-là qu’est ce que je lui ai fait ?

Ça se manifeste par des réflexions désagréables, ou ne jamais entendre ce que vous avez dit, éviter, biaiser, dire bonjour à vos voisins et vous oublier. Bref cela finit par créer un vrai malaise.

C’est un copain qui m’a expliqué  : rien tu ne lui as rien fait, il y a des mecs qui ressentent du dégoût pour les femmes de ton âge. Je précise que le copain en question avait le même âge que ” l’anti vieux “.

Heureusement cela arrive rarement, mais cela m’est tout de même arrivé en voyage à Cuba, où nous n’étions pas très nombreux, et de plus il y avait deux femmes et un homme dans la soixantaine, je n’étais pas la plus vieille ! Mais là j’ai vite compris, c’est moi qui ai tout fait pour éviter le type, pourtant cela aurait été drôle de le prendre entre 4 yeux et de lui demander quel était son problème !

De plus je ne vois pas l’intérêt de se comporter comme ça ! C’est pourtant très simple de ne rien laisser paraître, d’autant que nous n’étions pas de la même bande, très simple d’éviter tout contact ! Mais c’est comme ça, même inconsciemment : casse toi de mon décor !

Si j’avais choisi de tricoter sur une chaise longue tout le séjour, sans doute que je n’aurais pas attiré le dégoût d’un crétin.

Je précise que les réactions sont aussi les mêmes pour les rondes (bon grosses ok vous m’avez comprise !)
Pour en avoir parlé je sais que certains ressentent un dégoût pour le gras, au point de se montrer désagréables.
Alors imaginez une femme qui cumule : vieille et grosse !

Autre précision très importante : jamais je n’ai eu de problèmes avec des jeunes femmes. J’ai de bonnes relations avec toutes, et vu que j’ai des filles, le contraire me surprendrait…

Alors quel est le problème de ces jeunes hommes anti-vieux, docteur Freud ?
Ont-ils peur qu’on ne fantasme sur eux ou pire qu’on ne les drague ? (ce qui est bien prétentieux ou présomptueux surtout si on a pas d’attitude équivoque)
Se disent-ils qu’un jour, ô rage, ô désespoir, ils en seront rendus à ne pouvoir épingler sur leur tableau de chasse que des femmes mûres ?
Ont-il plus peur de vieillir que les filles ?
Ont-ils des mères envahissantes ou insupportables que la simple vue d’une femme en âge d’être leur mère leur rappelle et les empêche de vivre ?

Foin de psy-quincaillerie, je me moque de leur raison, mais je les trouve pathétiques !