Je suis absente en ce moment de mon blougounet. Les absences arrivent le plus souvent par manque d’inspiration. 

Mais là c’est plutôt parce que je ne vais pas très bien. Non ce n’est pas une grosse dépression, ni un problème de santé. Ce n’est pas tout noir, c’est gris. Je reste une éternelle optimiste et une battante. Mais il y a des moments où ça coince. Ce que je dis souvent en ce moment c’est ” j’en ai marre de tout “. Même les choses que j’aime faire comme mes cours de danse, de théâtre.

Récemment je suis allée avec Athéna rencontrer une association. Je ne vous développerai pas le but de l’association, ni le thème ni la raison pour laquelle nous y allions, plus tard peut-être.
Un homme témoignait et parlait du deuil. Il disait que le deuil cela peut-être beaucoup de choses (d’ailleurs on parle aussi de deuil invisible sur la toile). Le deuil d’un endroit où l’on a vécu, le deuil d’un travail, d’amis qui disparaissent. Ou des rêves auxquels on a du renoncer dans le cas de cet homme c’était qu’il n’a pas pu avoir d’enfant. 

Est-ce que ce sont ces deuils là qui me travaillent en ce moment ? 

En tout cas ce que je pense souvent c’est ” À quoi bon ? “. Un exemple tout bête même si je ne pense que ce soit le déclencheur de ma liste de À quoi bon ?
Suite à des changements je me décide à rendre ma chambre d’amis-bureau présentable et non plus débarras pour tous les cartons empilés. Je vais tout transférer dans le garage dans des boîtes hermétiques. 
Tous ces objets, souvenirs, livres, albums photos, poupées, jouets que nous aimons regarder de temps en temps avec mes filles. J’ai toujours rêvé d’un grenier ou d’une maison de campagne pour mettre tous ces objets dans une grande pièce, ces choses dont l’on a pas besoin au quotidien mais que l’on ne veut pas jeter et que l’on aime bien regarder, toucher de temps en temps.  

De plus lors de mon court séjour à Ville Natale avec mes sœurs et mon frère nous avons vidé le grenier (un vrai celui-là) où étaient entassés nos jouets, livres, vieux appareils photos et récupéré tout ce qui nous intéressait. Alors que je devrais vider j’ai encore récupéré des choses.
Tout ça c’est ma vie. Le bazar que mes filles auront à vider si un jour je meurs. 

C’est le premier À quoi bon ?

À quoi bon mettre tout cela dans le garage en me disant que peut-être un jour ? Non jamais il n’y aura de jour !  Je ne déménagerai plus, je n’aurais jamais de maison de campagne, les boîtes deviendront des sarcophages que je n’ouvrirai plus sauf si exceptionnellement on me demande quelque chose.

Je me réveille souvent à 3 h du matin ou 4 h selon les jours en sachant que je ne me rendormirai pas. Là je sens comme une angoisse. Non pas l’angoisse sourde, douleureuse que j’ai parfois connue. Juste une angoisse. Une sensation d’enfermement j’ouvre les portes, les volets, je me lève puis me recouche. 
Et maintenant je fais quoi ? C’est quoi l’avenir ? 

Et je repars sur la liste des Aquoibon. 

À quoi bon maigrir ? Bien sûr je pourrais mettre mes beaux vêtements et me sentir mieux. Mais l’amour j’ai fait une croix dessus il est trop tard et je ne cherche même pas. 

À quoi bon essayer de voyager ? Il faudra bien me lancer seule ou en voyage organisé mais au final il y aura toujours un moment où je me retrouverai seule dans mon coin et même les belles rencontres donnent rarement des amitiés durables.

À quoi bon faire tout ce que j’ai fait depuis que je suis à RosevilleduSud : organiser des sorties garder le lien avec les Paulette. Tout ce que j’ai fait, tout ce que je fais ce sont des coups d’épée dans l’eau : des connaissances, des copains-copines qui peuvent disparaître du jour au lendemain. Jamais de vrais amis. 

À quoi bon ? Je souffrirai toujours de solitude même si je fais en sorte de bouger, de voir du monde. 

À quoi bon continuer à rêver ? Souvent je regarde les maisons sur les sites (maisons inabordables bien sûr sinon ce ne serait pas drôle). À quoi bon ? Même si je gagnais au loto je serai bien avancée : une belle villa et personne à inviter. À part ma tribu mais nous sommes tous éparpillés, eux sont occupés débordés et ont déjà des maisons de campagne pour eux, leurs enfants et petits enfants. 

Ameli a du m’espionner car elle m’a envoyé un mél : ” mon parcours psy “. Cela m’arrive souvent de me dire ” bon allez je me lance “. J’avais vu une psy il y a longtemps je ne sais pas si ça m’a apporté quelque chose. On dit souvent que la recherche du thérapeute idéal peut décourager. Moi ce qui me décourage c’est si on me demande de raconter ma vie depuis le début ! C’est bien trop long si je dois raconter mon enfance, ma tribu, ma jeunesse, mariage enfants. C’est le présent qui m’intéresse. 
Oui ça m’est arrivé souvent d’y penser mais au bout de quelque jours je me dis ” non c’est bon ça va mieux pas besoin de psy “. 

Hier j’ai pris rendez-vous avec une psy proche de chez moi recommandée par Améli. Elle m’a paru sympa au téléphone. Et puis hier soir après avoir visité une exposition avec deux Paulette et donc papoté, pris un verre je me suis dit ” ça va mieux “. Mais pas question d’annuler le rendez-vous. Je vais faire une séance et peut-être les 12. Comme ça si à l’avenir je suis de nouveau dans une zone de gris je saurai si cela m’aide ou non. 

Je n’en parle pas bien sûr ou rarement. Je n’ai pas envie d’entendre des phrases bateau sur la chance que j’ai . Mes chances je les connais à commencer par le fait d’être mère de filles formidables.
Récemment j’ai écrit un SMS à une copine en lui proposant un café et une balade dans la nature en ajoutant ” je n’ai pas trop le moral en ce moment “. Hélas elle n’était pas disponible mais a ajouté ” avec le soleil qui arrive ton moral va revenir ! ” N’importe quoi ! 

Je voulais faire un billet court pour expliquer mon absence. Mais il fallait bien la liste des Aquoibon !