J’ai cherché un mot j’ai trouvé ” cacophobie ” mais cela désigne quelqu’un qui aurait la phobie des gens laids au point d’en avoir peur. Leur vie ne doit pas être facile !

Jeunisme tout le monde sait ce que ça signifie. J’ai écouté avec émotion et horreur le podcast de France Culture ” Comment j’ai découvert que j’étais vieux “.
Il s’agit de personne avec un bon parcours professionnel, des compétences, des diplômes qui après un licenciement ne retrouvent jamais de travail. Certains se retrouvent même dans la précarité, ça fait froid dans le dos. Ils ont appris que l’on est ” senior ” à 45 ans. 
La grossophobie idem tout le monde sait ce que c’est. 

C’est un autre sujet que je voudrais aborder. Cela m’est venu suite à une réflexion. Il s’agit encore des Paulette qui sont décidement un super sujet d’inspiration et un vivier d’observation. 
Un jour nous étions à une terrasse de café, une sortie que j’avais organisée. Diana l’une de nous m’envoie un SMS pour me dire qu’elle vient de faire une visite guidée avec deux copains et voudrait savoir si elle peut nous rejoindre. Je lui dis oui bien sûr. Diana arrive, nous présente ses copains, ils disent bonjour, mais comme il n’y a plus de place à notre table, ils s’installent plus loin. Je vais les voir pour dire un mot ou deux. Et ensuite ils partent avant nous car ils vont au resto. 

Un autre jour je suis avec Odile, elle me parle d’un homme qui a rejoint notre groupe.
- il est bien lui, pas comme les deux que Diana nous a présenté “.
Je suis un peu surprise : ” mais on ne leur a pas parlé ! “ 
- Oui mais bedonnants beurk ! ” avec une grimace de dégoût. 
Odile a la cinquantaine donc je comprends qu’ils sont ” vieux et moches ” à ses yeux. 
Exit, next, rayés de la carte ! 

Cette histoire me fait penser à quelque chose. Quelque chose que j’ai peut-être connu, pensé, que nous avons peut-être tous pensé. 

Ado nous regardions des feuilletons (oui oui on disait comme ça) ou des films où tout le monde est beau. Pas forcément gentil : la méchante peut-être belle.
Cette vie idéale, cette vie de rêve j’avoue que j’aurais aimé que cela soit vrai. Mais en sortant de l’immeuble il n’y a pas de beau jeune homme au volant d’une décapotable qui vous propose une balade (et qui est un mec bien cela va de soi) mais un gros lourdingue qui vous siffle ou vous fait un compliment salace. Beurk ! 

Je ne vais pas en faire des tonnes sur les goûts et les couleurs dans le domaine de la séduction, les trop beaux, les premiers de la classe ne m’ont jamais attirée. 

Mais il y a tout de même quelque chose qui m’interpelle : à cette époque est-ce que nous n’avions pas tendance à choisir une copine jolie ? N’étions-nous pas attirée par celle qui avait ce petit quelque chose ? 
Parce que son visage était agréable ? Parce que nous aurions aimé lui ressembler ? Parce qu’inconsciemment nous estimions ” jouer dans la même cour “. 
Je précise que j’ai dit jolie. La très belle fait un peu peur, elle ferait trop d’ombre.
La quelconque,  voire la très moche, heureusement pour elle, se fait des amis quand même. Nous connaissons tous cet acteur, cet humoriste qui grâce à son humour ou son charisme s’est fait une place au soleil. C’est un peu la même chose dans la cour du lycée où certains trouvent mille astuces pour exister. 

Heureusement il y a partout des gens bien, des gens tolérants qui parlent à tout le monde, ne font pas de tri. Oui cela peut exister même en primaire, même en maternelle. 

Avec le temps on mûrit on apprends qu’il faut choisir ses amis pas seulement pour leur physique et que certains gagnent à être connus.
Je suis toujours la première à dire qu’il ne faut pas juger une personne que l’on a rencontré qu’une seule fois. Mais beaucoup ne prennent pas le temps de connaître les gens. 

Le jeunisme certaines m’en parlent. Sur les sites de rencontres amicales, la Paulette soixantenaire qui se retrouve avec un groupe qui a 10 ou 20 ans de moins qu’elle peut rester à l’écart. Personne ne cherche à l’intégrer, à s’intéresser à elle. Pour peu qu’elle entende mal ou ait un peu de mal à suivre les conversations elle se retrouve isolée.
D’autres n’hésite pas à écrire dans le descriptif de la sortie : réservé à la tranche 45-55 ans ou 30-40.

La grossophobie existe dans le travail nous le savons mais je l’ai connue dans le milieu de la danse. On n’invite pas la grosse même si elle danse bien. Pire on la soupçonne d’avoir des idées lubriques : si elle demande à danser c’est sûrement qu’elle veut draguer le danseur mince ! 
Un peu pareil pour la vieille mais on la soupçonne moins de vouloir draguer.
Je ne dis pas que les hommes sont mieux lotis, la différence c’est qu’ils osent moins inviter ils ont peur des refus. 

***

J’admire les gens tolérants. Je ne suis pas un modèle de tolérance mais je fais de mon mieux et dès que je me surprends à avoir une pensée intolérante je m’auto-engueule.
Oui oui on n’est jamais mieux servi que par soi-même !
Et j’ai la chance d’avoir une fille Artémis très tolérante qui m’a beaucoup appris (je l’admire d’ailleurs) et qui est toujours prête à me rappeler à l’ordre en cas de dérapage. 

Pour en revenir à mon exemple du début que l’on puisse à l’âge adulte avoir de telles réflexions, non désolée… Je ne valide pas comme disent les djeuns !